Le quartier

Le quartier des Sablons – Bords de l’Huisne :

Le quartier « Les Sablons », également appelé « Les Bords de l’Huisne » est un quartier de la ville du Mans qui compte environ 10000 habitants. Il est situé au sud-est du Mans et borde la rivière l’Huisne.

Le quartier, de par sa forme urbaine et ses formes d’habitats peut être qualifié de « Grand Ensemble ». Il accueille une vingtaine de tours de plus de 40m et dont certaines peuvent atteindre plus de 58m (18 étages ou R+18) et de nombreuses barres. On y trouve également des petits pavillons individuels constitués en lotissements ce qui en fait un espace de diversité architecturales.

Le quartier est une ZUP (Zone à Urbaniser Prioritairement) qui a été créée suite à la seconde guerre mondiale. Initiée dans les années 1960 (1964 par l’architecte parisien Pierre Vago) la construction de ce quartier devait répondre à deux problématiques.

D’une part, on peut l’inscrire dans la continuité des constructions d’après-guerre visant à loger le plus de personnes possible et le plus rapidement possible, dans une volonté de faire face à la pénurie de logements alimentée par l’expansion économique et industrielle que Le Mans a connu à cette époque. Et, d’autre part et c’est la raison principale de la mise œuvre de ce projet, afin de dynamiser la ville du Mans, alors classée 18ème des villes de France et dont la croissance se limite à seulement quelques 1000 logements par an.

L’emplacement de ce quartier est choisi sur les bords de l’Huisne, un coin de campagne proche de l’abbaye de l’Épau. La rivière y transporte beaucoup de sable, ce qui donnera le nom de quartier des « Sablons ».

Un quartier qui a besoin d’un second souffle :

Une dégradation progressive du quartier :

Depuis sa création, malgré les outils mis en places, le quartier a vieilli et l’urbanisme des années 1960 a fait qu’il s’est retrouvé refermé sur lui-même.

Les immeubles se sont dégradés, les rues également, les accès ne sont pas nombreux, la pauvreté s’installe progressivement et la municipalité craint que le quartier devienne un ghetto clos.

L’actrice Béatrice Dalle qui y a grandi qualifie le quartier non pas de cité mais de « caniveau ».

Le quartier n’est toutefois pas abandonné, effectivement depuis le début des années 1990 le quartier a bénéficié d’aides : Tout d’abord via la « Politique de la Ville, le quartier est également classé en ZUS (Zone Urbaine Sensible) et bénéficie du programme des « quartiers prioritaires ». Il est aussi classé en ZFU (Zone Franche Urbaine).

Le taux de chômage y est aujourd’hui important.

Le désenclavement et l’ouverture du quartier :

Le désenclavement du quartier a été permis grâce à l’arrivée en 2007 du tramway. Celui-ci est venu irriguer le quartier, notamment l’Espal (qui a depuis gagné en fréquentation). L’ouverture s’est également faite par Saint Martin où le carrefour a été entièrement réaménagé et une station de tramway a été mise en place. Le carrefour offre désormais une percée dans le quartier permettant de l’ouvrir, à la place de l’ancien « échangeur autoroutier urbain ». Le tram a donc permis à la fois d’ouvrir le quartier, de favoriser l’accessibilité à l’Espal mais également aux habitants des Sablons de pouvoir se rendre au centre-ville du Mans très facilement.

La proximité avec l’Arche de la Nature est également un atout dans la mesure où de nombreux espaces verts et chemins piétonniers sont présents. Il a été mis en place par l’Arche de la Nature le Vel’Nature qui permet de se déplacer dans les espaces naturels mais également de rallier la ville.

La création du Boulevard nature est aussi un moyen d’ouvrir le quartier.

Un quartier riche de nombreux atouts :

Offre socio culturelle :

Aujourd’hui, le quartier est un quartier métissé qui compte pas moins de 27 nationalités différentes et qui est riche de nombreuses qualités :

Tout d’abord, l’offre sportive est importante avec plusieurs infrastructures sportives de qualité telles que le centre aquatique des Atlantides qui est la plus grande de la ville, ou encore « l’île aux Sports » située sur une île de l’Huisne. Cette infrastructure compte plusieurs terrains de football, une piste d’athlétisme ou encore des courts de tennis.

Outre les infrastructures sportives, le quartier comprend un club de football CSSG (Club Sportif Sablons Gazonfier) et chaque édition du Triathlon International du Mans se déroule sur l’esplanade des Sablons.

Concernant l’éducation, le quartier est classé en REP (Réseau d’éducation prioritaire) et est très riche en écoles et collèges. En effet, le quartier comprend 5 écoles maternelles, 4 écoles élémentaires et 3 collèges.

On y retrouve également de nombreuses associations, le conseil de quartier, le centre social et la médiathèque de l’Espal, un théâtre, le musée de la Maison de l’Eau…

Concernant le patrimoine, le quartier est proche de l’Abbaye de l’Épau datant de 1229.

Espaces verts et récréatifs :

Proche du Bois de Changé, le quartier profite également de la proximité avec l’Arche de la Nature. Cette offre riche en espaces naturels se complète grâce aux bords de l’Huisne, notamment la Promenade Newton qui longe l’Huisne via divers espaces verts, jeux, etc. Celle-ci commence au niveau du Pont des Vendéens, jusqu’à la Maison de l’Eau et l’Arche de la Nature.

Le quartier des Sablons bénéficie de la proximité d’un projet de voie verte unique en France, réservée aux circulations douces, qui relie entre eux les principaux sites naturels des communes de Le Mans Métropole et ce, en privilégiant les déplacements dans les espaces naturels comme les forêts, les rives etc. Ce projet s’appelle le Boulevard Nature et est conçu pour accueillir aussi bien les piétons, les cyclistes et les cavaliers. Celui-ci dessinera une boucle de 72 km dont 34 sont déjà mis en place.

Rénovation et transformations via le programme de rénovation urbaine :

Le quartier a connu une véritable transformation depuis une dizaine d’années grâce à la mise en œuvre de différents dispositifs qui, agissant de concert, ont permis une rénovation importante du quartier (Contrat Urbain de Cohésion Sociale, Agence National pour la Rénovation Urbaine, aménagement du tramway…).

Pour un coût des travaux supérieur à 82 millions d’euros, la rénovation urbaine des Sablons financé à hauteur de 2% pour la commune, 14% pour la communauté urbaine, 4% pour le Conseil Régional, 53% pour les Bailleurs et 21% pour l’ANRU a permis de réellement transformer le quartier.

Les opérations financées par l’ANRU :

La démolition de 248 logements sociaux sur le site « Piscine » et sur le site « Reposance » et 120 logements sur le site des Alpes.

La reconstitution de l’offre locative sociale a été pensée à l’échelle de la ville. La construction de 460 logements sociaux sur site et hors site a été réalisé. La mixité sociale passe également par la diversification de l’offre d’habitat.

La réhabilitation concerne 3 553 logements sociaux. Des travaux intérieurs, double vitrage, salles de bains, halls, isolation sont programmés ainsi que des travaux sur les sols, la ventilation et l’isolation extérieure. Une majorité du parc social a été amélioré de façon à améliorer la performance énergétique des logements, à réduire les charges locatives et à accroître l’attractivité du quartier.

Une offre de logements, autres que sociaux s’est également développée: 70 logements sociaux de la tour Autriche entièrement réhabilités et mis en ventes principalement aux locataires, construction de 18 maisons en accession sociale à Piscine, 27 logements locatifs sur le secteur Reposance réalisées par la Foncière Logement (partenaire de l’ANRU).

Enfin, concernant les équipements, on récence la création d’une maison de quartier, d’un espace administratif pour le centre d’accueil des demandeurs d’asile géré par l’association ALTHEA et d’un équipement exceptionnel : la cité du cirque Marcel Marceau, espace d’initiation et d’apprentissage des arts du cirque, centre de ressources et lieu de résidence.

D’autres actions, notamment d’accompagnement sont également mises en places :

Le relogement et l’accompagnement des familles dans leur réinstallation a été pris en compte par le bailleur dans le cadre d’un plan spécifique auquel est affecté un agent de développement logement.

Les mesures d’insertion par l’économie et l’emploi des habitants :

La charte locale d’insertion du PRU Sablons / Ronceray-Glonnières permet aux habitants des quartiers de bénéficier de l’emploi généré par les travaux d’investissement, par la mise en œuvre de « clauses d’insertions » dans les marchés publics. 141 habitants des Sablons ont ainsi travaillé sur ces chantiers. Ce dispositif est porté par la Maison de l’Emploi et de la Formation et s’appuie sur les maîtres d’ouvrage publics, les entreprises et les acteurs de l’emploi et de l’insertion pour réaliser des parcours professionnels.

Ces démarches s’appuient sur un réseau structuré d’acteurs issus des services publics de l’emploi (la Mission Locale et la Maison de l’Emploi situées sur le quartier), de l’insertion par l’activité économique (le PLIE) ou du monde économique. La Maison de l’Emploi et de la Formation de Le Mans Métropole.

Notons que d’autres travaux participent à la réussite du projet urbain :

– la réalisation du tramway participant à l’ouverture du quartier sur la ville et à des transformations urbaines importantes ;

– l’organisation des circulations internes dans un souci de sécurisation, de protection des cheminements piétons et de développement des pistes cyclables. Le réseau des pistes cyclables a été complété à la faveur du retraitement des boulevards Churchill et Schumann ;

– la construction de logements en accession sociale sur les terrains libérés par la démolition ;

– la réhabilitation de la maison-relais pour l’association Montjoie ;

– l’ouverture d’une maison de l’emploi.

(DREAL 2011)